Deux semaines en famille dans le delta du delta du mékong


Le chapitre famille/amis de notre blog s'ouvre au Vietnam et il va être épique on vous prévient! Vous allez assister à notre gavage au quotidien et à notre accueil de prince partout où l'on ira. On parle souvent du sens de la famille, mais au Vietnam, il faut le vivre pour le comprendre (comme dirait ma maman adorée)... Ce sera une période nouvelle pour nous car nous ne serons plus que tous les deux! De nouveaux personnages feront partie des périples de notre journal de bord puisque Adrien, Sophie, mes parents, mon petit frère Sacha, et enfin Emilie et Gaëtan nous rejoindront pour faire un bout de route avec nous! Eh oui nous sommes aimés. Ou le Vietnam attire les gens. Ou les deux tiens!

Mercredi 18 Janvier. Jour 76:

Nous voilà donc en route au départ de Ha Tien pour la province de Ben Tre, là où ma famille habite. 



On n'a jamais eu de bus aussi confortable que ce "bus couchette" vietnamien et je dors comme un loir. Marin lui, ne ferme pas l'oeil curieusement. Faute au chauffeur qui roule comme un fou ou à l'excitation? En tout cas nous arrivons à Ho Chi Minh à 4h00 du matin au lieu de 6h00 alors nous ne faisons pas une énorme nuit... 



Le bus est presque vide et tout confort!


On est très bien installés même si vous imaginez bien que les jambes de Marin ne rentrent pas dans la "boîte"! 

Ma cousine Choe que je n'avais pas vu depuis 10 ans vient nous chercher à 6h00 avec son copain comme convenu. Ils sont là pour nous accueillir et pour nous indiquer la correspondance à prendre pour le patelin familiale (même si le bus en question se trouve dans la même gare que celle où nous arrivons ce matin, ils ont toujours peur qu'on ne se débrouille pas tout seul et c'est impossible de négocier)! Nous versons tous une petite larme d'émotion en nous retrouvant et allons manger un bout ensemble. Comme Marin dit qu'il aime le café, M A L H E U R, son copain se lève sans prévenir, va nous acheter des casques de motos (oui oui rien que ça) et nous voilà sur leurs scooters, en route pour un des meilleurs cafés de la ville ! Règle numéro 1: ne jamais dire que l'on aime quelque chose dans ma famille. Nous sommes abasourdis devant le nombre incalculable de motos au petit matin et par la gentillesse de ces deux-là qui nous prennent complètement sous leur aile. On boira en effet le meilleur café que l'on n'a jamais bu depuis notre départ de France, et évidemment ça sera impossible de payer quoi que ce soit...




Une fois de retour à la gare nous disons au revoir à ma cousine qui nous rejoindra dans quelques jours pour ses vacances. Dans le bus, je parle pour la première fois vietnamien devant Marin qui est assez étonné, mais pas autant que le chauffeur qui ne se doutait pas une seconde que j'étais vietnamienne! A notre arrivée dans le delta du Mékong, les retrouvailles sont justes magiques. Ma grand-mère qui y passe l'hiver est heureuse de nous voir débarquer avec nos gros sacs! Tout le monde défilera au fur et à mesure de la journée pour revoir leur petite nièce française et rencontrer le grand Marin. D'ailleurs à partir d'aujourd'hui, vous pouvez oublier son nom. Tout le monde ici l'appelle "le grand homme". Un oncle à moi l'embarque pendant une heure et lui fait visiter sa maison, lui présente ses amis, le tout en vietnamien bien sûr! Moi on m'assoit par terre et on me somme de manger: je m'exécute. La journée sera magnifique, émouvante, magique. On était très attendus et ça se sent.


Repas très matinal pour nous... Deux canards ont perdu la vie à l'occasion de notre venue! Oups

Jeudi 19 janvier. Jour 77:

Ce matin nous devons changer de l'argent à la ville la plus proche. Mais comme ils ont tous peur ici qu'on se fasse arnaquer, je suis escortée par ma tante Ba muoi en scooter jusqu'à Ben Tre, après avoir fait les présentations en chemin dans le temple où elle se rend quotidiennement. Je m'assois, on me sert à manger, à boire et on m'observe, on me pose des questions pour savoir d'où je viens, qui je suis, où je voyage depuis deux mois... Les nonnes ont l'air épatées de savoir que je suis venue voir la famille de ma maman pour les fêtes de fin d'année, et ne me laissent partir qu'une fois que j'ai terminé ce qui était sur la table. De son côté, le grand homme (Marin pour ceux qui ne suivent pas) subi le même sort... On l’emmène chez mon oncle ong bay et on le questionne tout autant en vietnamien bien sûr, imaginez sa solitude... On le gave de noix de cocos, bonbons, gâteaux, friandises... tout y passe! Ça tombe bien tiens: quand on se retrouve enfin l'un et l'autre, c'est chez ma tante di hai qui nous a préparé un festin de retrouvailles. Aouch', le marathon de la bouffe est lancé! 



Di hai et Babou


Di hai, le grand homme, mon oncle et leur petite-fille!

Ma tante di hai, qui a vécu avec la famille de ma maman jusqu'à leur exil en Inde lors de la guerre, est un amour. Toute la journée nous sommes chouchoutés, servis, aimés par toute sa famille que je n'avais moi même pas eu l'occasion de rencontrer la dernière fois. Chaque fois que nous changeons de pièce on nous amène un nouveau repas ou une nouvelle boisson. Tout le monde nous regarde avec beaucoup d'amour et de bienveillance et c'est incroyable à vivre. Marin les intrigue plus que tout au monde bien sûr: un grand blond barbu aux yeux bleus et à la peau blanche, c'est de la science fiction ici. Il faut les voir s'arrêter de respirer pendant le repas en l'observant manger et espérer qu'il va trouver ça bon. Moi je suis presque tranquille à côté, même si on me répète à longueur de journée que je suis très belle (malgré ma peau noire: "quel dommage")!



Le Karaoké de leur maison! Eh oui vous vous y ferez, ici c'est le sport national! Ma grand-mère ne rigole pas quand il s'agit de karaoké


 Moi très à l'aise avec la poignée de chansons anglaises qu'ils ont dans leur répertoire!


Marin s'est découvert une passion


Séance photo avec la nouvelle star du village. Malgré la barrière de la langue ils rient beaucoup avec Marin et tout le monde veut poser avec lui


Mon cousin n'en revient pas de tant de différence de taille! Il rie aux éclats et choisi même cette photo comme photo de profil facebook, il faut que ses copains voient ça


Hi, à la fois gênée et fière!


Ma grand-mère, Babou, un vrai clown


Petit repas à 17h30 avant de rentrer chez ma tante Ba Muoi qui nous héberge. Vous comprenez, si jamais on manquait de nourriture ce soir en rentrant... Notre ventre est bien tendu!

Vendredi 20 janvier. Jour 78:

Journée tranquille aujourd'hui même si évidemment, on continue notre marathon nourriture! Après avoir une fois de plus nettoyé nos sacs puants cette après-midi et déguster de délicieuses noix de cocos du jardin, Marin reste se reposer à la maison. 


Remonter l'eau du puits, un bonheur!


Ça bosse dur... 


... sous l’œil attentif de la grand-mère!


Babou nous prépare quand même des rafraîchissements! Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un régal de pouvoir manger à la petite cuillère la chair de la noix de coco jeune après en avoir bu le jus!

Moi je me rends seule avec ma tante ba muoi sur "l'île aux cocotiers" comme on l'appelle, l'ancienne propriété familiale où se trouvent toutes les tombes de mes ancêtres. Je suis très émue de revoir cet endroit incroyable au milieu de nulle part, et de me recueillir pour la première fois sur la tombe de ma grande tante que j'aimais beaucoup, décédée il y a quelques années. En prévision de la cérémonie de demain (nous nettoierons les tombes et préparerons un bon repas pour nourrir les âmes des morts comme le veut la tradition) nous faisons la vaisselle avec l'eau de la rivière et défrichons un peu la forêt de cocotiers, bananiers et arbres fruitiers en tout genre. Il faut voir ma tante manier la machette avec une précision incroyable: elle coupe des branches et fait tomber quelques bananiers sur son passage. Moi je m'assois sagement et j'observe, obligée de boire puis de manger comme une sauvage les trois noix de coco au sol qu'elle m'a ouvertes (ça fait beaucoup de noix de cocos pour la journée je crois).


Départ pour l'île aux cocotiers! On m'ordonne de mettre une veste (je meurs de chaleur) pour me protéger des moustiques mais surtout du soleil. Je suis déjà "assez noire comme ça"! Et paaf


Ba Muoi, mon héroïne !

Une fois notre notre mission accomplie, nous passons voir une de mes tantes, ba tam, qui m'assoit à table cette fois-ci et me donne à nouveau à manger. J'ai beau expliquer que j'ai déjà 6 noix de coco dans le ventre, elle me découpe généreusement les fruits et les gâteaux qu'elle a sous la main et papote avec moi de tout et de rien. J'aime passer du temps avec elle, et tout en discutant je m’émeus: je n'ai vu tous ces gens merveilleux que le temps d'un été il y a dix ans et ils me considèrent comme leur famille la plus proche. Des fois en parole, des fois en actes, d'autres fois en silence, ils se comportent comme s'ils me connaissaient depuis toujours. Ils se battraient pour nous avoir Marin et moi chez eux à leur table, dans leur maison, et je suis affolée devant tant d'amour sincère. Après ce joli moment passé toutes les deux dans la cuisine, Ba Tam arrête soudainement de me nourrir: il est temps que nous retournions avec ba muoi à la maison. Chargées de régimes de bananes et fruits en tout genre nous reprenons la route en scooter. Je ne pensais qu'on pouvait autant charger un scooter, et moi même par la même occasion!

Samedi 21 janvier. Jour 79:

Ce matin nous nous levons à 5h00 comme tout le monde pour participer à une des cérémonies du Tet, le nouvel an ici! On a profité de la carte "fatigue" ces trois derniers jours pour faire des grasses matinées (jusqu'à 8 heures au moins ahah) mais ce matin et les matins à venir, on ne pourra pas y échapper! On ne vous l'avait pas dit mais tous jours à 5h00 pétantes, des hauts parleurs retentissent partout dans le village où nous sommes, relayant la propagande, les informations du jour, et des chants communistes pendant une heure ou deux (heureusement nous avons le sommeil lourd). Ma famille, elle, se lève de toute façon très tôt pour profiter de la fraîcheur alors nous nous plierons à leurs horaires barbares pour les jours à venir! 

La croyance au Vietnam veut que chaque année au moment du Tet, les âmes des morts reviennent sur terre visiter les vivants. Il faut alors les accueillir comme il se doit: chaque famille prépare à cette occasion de grands festins et se recueille sur leurs tombes, souvent dans les jardins des maisons de famille. Toute ma famille elle, se réunit aujourd'hui sur la fameuse île aux cocotiers pour nettoyer les tombes de nos ancêtres, leur offrir un bon repas et le partager ensuite. On allume un bâton d'encens sur chaque tombe, le parfum étant censé attirer l'attention des esprits que l'on sollicite. On dispose ensuite toutes sortes de plats de fête sur une table non loin d'elles, et on attend qu'ils viennent se nourrir. Pour finir on s'assoit à notre tour autour de la table et on mange tous ensemble. Avec Marin on est heureux de voir comme on se fond dans la masse et comme notre présence amène de la joie. Il est 9 heures du matin, la journée semble déjà bien entamée et le porc laqué passe crème! Heureusement qu'on n'avait pas faim! 




Un encens au centre de chaque tombe pour faire le lien entre le monde des morts et des vivants


Une grand-mère pas comme les autres!


Les femmes organisent la tablée!


Personne, vivant ou mort, ne manquera de quoi que ce soit!




On brûle des faux billets de banque pour s'assurer une année prospère


On se vietnamise très rapidement décidément... Au retour à la maison, nous ferons une bonne sieste comme tout le monde! A notre réveil, nous retrouverons ma cousine Choe, enfin en vacances pour les fêtes, qui veut nous emmener  voir la ville de Ben Tre ce soir et manger au restaurant. Elle est drôle, elle va me prendre sur son scooter mais elle a besoin d'un chauffeur pour Marin. Elle sort donc dans la rue, alpague un copain au hasard et l'affaire est conclue! Nous sommes heureux car nous allons revoir (pour moi) et rencontrer (pour Marin) mon cousin Ti qui est à Ben Tre ce soir. Il rentrera ensuite avec nous au village!


Choe, le grand homme et Ba muoi


Le monsieur du temple d'à côté. D'une beauté et d'une gentillesse assez exceptionnelle. J'adore comme il tient Marin, d'une façon très franche




Et voilà Ti, il a bien grandi et il est toujours aussi génial




Marin et son chauffeur qu'il taquine toute la soirée : "j'ai peur" lui dit-t-il! Vachement peur oui

Après cette belle soirée nous rentrons! Nous avons pu goûter à l'apéro des jeunes vietnamiens avant de manger: le thé au lait avec des sortes de bonbons à la gélatine dedans. Eh oui ils ne boivent pas trop d'alcool et les terrasses des salons de thé/café sont bondées. Nous avons ensuite mangé au restaurant même si nous n'avions vraiment pas faim (comme d'habitude). En sortant de là nous avons pu esquiver le sandwich à la viande proposée par ma cousine (eh oui en dessert ça faisait un peu trop et elle a fini par comprendre). Enfin nous avons bu un café tous ensemble et c'est vrai que ça fait du bien de se retrouver avec les jeunes de la famille! Ils parlent un peu anglais et on peut plus facilement échanger et avoir des conversations tous les 4. On leur a demandé comment est leur vie ici, combien il gagnent chaque mois et le bilan est impressionnant. Le pays a connu un renouveau économique sans précédent depuis les années 2000 et les prix se sont envolés. Je vois la différence au restaurant ou dans les rues où les prix sont multipliés par 10! Malheureusement, les salaires ont un peu moins suivi et avec 200 euros par mois dont 100 euros de loyer, on se dit que ça ne doit pas être évident du tout... On se promet avec Marin qu'un jour quand nous aurons les moyens, nous les inviterons en France et leur payerons le billet d'avion, chose qu'ils ne pourront jamais s'offrir.

Dimanche 22 janvier. Jour 80:

Ce matin je parts à 6h00 sans Marin mais avec Choe, pour participer au nettoyage de la tombe de Dua, la demi-soeur de ma grand-mère. (Oui c'est assez compliqué, elle un ribambelle de frères et soeurs d'un côté et une soeur de l'autre car son papa avait deux femmes). Nous avons bien une heure de vélo devant nous mais c'est moi qui ai insisté: je veux emprunter les petits chemins que j'aime et voir les rizières. Ma cousine elle, n'a plus l'habitude de faire du sport et nous mettrons bien 1h30 à arriver! Eh oui au Vietnam, même constat qu'ailleurs: personne ne marche et le sport national c'est le scooter! 



 Petite pause photo 


Une dame s'arrête quand elle voit ma cousine poser devant la rizière. "Venez chez moi pour vous prendre en photo" nous dit-elle, "j'ai plein de fleurs et d'arbres fruitiers". Impossible de dire non, et c'est tellement mignon.


Une pause très vietnamienne: je n'en suis pas responsable! Il faut tenir la branche de cet arbre qui ne fait ses bourgeons qu'au moment du nouvel an...

A mon arrivée à la tombe de Dua, effeuillage d'un arbre entier au programme pour moi, le même que celui devant lequel j'ai du poser ce matin. Sans rire, je dois retirer les feuilles d'un arbre de 3 mètres une à une pour permettre aux bourgeons de sortir pour le jour de l'an! Ils sont déçus que Marin ne soit pas là car ils comptaient sur lui pour les branches du haut les petits malins (oui ils sont petits)! Seulement il arrive très tard (à 8h30) et c'est déjà l'heure du repas. Du premier* repas. Sans commentaire!



Les enfants et petits enfants de Dua, la demi-sœur décédée de ma grand-mère. Ils ont l'air sages comme ça...


Mais ils sont aussi foufous!

Après ce délicieux repas et moultes desserts, nous partons nous balader à vélo avec Ti et Choe qui eux, sont en moto. Mais on est vite stoppés dans notre élan car on s'arrête en chemin chez Ba tam, une de mes tantes, qui nous ressert à manger (oui oui). Impoossible d'y couper, et encore une fois, on mange! C'est vraiment impressionnant de constater l'omniprésence de la nourriture dans la culture vietnamienne. C'est le meilleur moyen pour eux de nous faire plaisir et ils ne prennent jamais en compte la notion de faim... On sent très bien d'ailleurs que le manque de nourriture ne remonte pas à très longtemps et on comprend que notre accueil passe toujours par le gavage. C'est une autre culture et nous essayons de l'accepter mais nos estomacs commencent à souffrir. Les fêtes de fin d'année en France ne sont rien en comparaison!



Petite photo avec le fils ainé de Ba tam, sa femme étant impressionnée par la taille de Marin... Elle le prend d'abord en photo en douce, puis est toute contente quand on lui propose de poser. Nous ressemblons à un couple de géants, moi y compris!


Nous reprenons ensuite notre route direction la maison. Marin fait une sieste digestive et pour 80 centimes, ma cousine m’emmène me faire masser et laver les cheveux chez la coiffeuse. Au salon, toutes les filles sont autour de moi et s'extasient devant la couleur de mes cheveux ainsi que mes "longs" cils. Ah ça fait du bien de se sentir extraordinaire de temps en temps! Pour ce qui est de notre soirée on vous passe les détails mais nous mangeons chez Ba muoi, puis nous sommes invités chez une collègue à elle qui nous ressert à nouveau manger. Souffrance... On rentre vers les 21h00 car demain on se lève tôt pour aller à Ho chi minh récupérer un beau paquet: notre ami Adrien, français de France!

Lundi 23 janvier. Jour 81:

On part à 6h00 ce matin avec un chauffeur privé pour le consulat français dans un premier temps. Ma grand-mère a perdu sa carte de séjour et sans ça, elle ne peut pas rentrer en France. Quand on se pointe au consulat après 4 heures de trajet, l'adresse a changé et on nous rétorque qu'il faut prendre rendez-vous... Ça ne change pas grand chose de la France tiens! On doit du coup poireauter à Ho chi minh jusqu'à 19h30, heure à laquelle Adrien atterrit sur le sol vietnamien... C'était sans compter sur une de mes cousines qui revient du travail entre midi et deux juste pour nous faire à manger. Elle nous prête également sa maison, histoire que nous puissions y passer l'après-midi et faire une sieste dans son lit... On hallucine une fois de plus avec Marin sur la force que prend l'expression "avoir le sens de la famille" au Vietnam et on s'imagine bien en France, comment n'importe qui aurait répondu tout simplement "désolé je travaille, on peut se voir après mon boulot". 

Une fois l'après-midi passée, il est temps de nous rendre à l'aéroport! Le compte à rebours était lancé depuis longtemps mais plus le moment attendu arrive, plus l'excitation monte! Adrien arrivera avec deux heures de retard à l'aéroport et nous nous sauterons tous dans les bras des uns des autres, Babou y compris!



Retard de 30 minutes soit disant... L'attente est trop longue! 


"Viens par la toué!"


Et voilà!


L'amour


Au cas où on ne le reconnaîtrait pas... Il avait tout prévu!

Nous rentrons dans le delta du Mékong, toujours avec notre chauffeur (heureusement) et sur la route nous n'arrêtons pas de parler. Adrien a du mal à réaliser qu'il est là, et surtout du mal à réaliser à quel point nos retrouvailles ont l'air normales (contrairement à tout ce qui se passe sur les routes ahah). Le dépaysement est à son comble lorsque l'on arrive chez Ba muoi, dans le village de ma famille! Heureusement que j'avais l'appelée pour dire que vous avions acheté des sandwichs: un repas nous attend.



Quand nous nous mettons tous autour de la table, il est déjà 1 heure et les paupières sont lourdes mais les cœurs bien légers! Adrien est accepté immédiatement au sein de la famille: c'est un bon mangeur. Tout le monde s'affaire autour de lui et il est traité comme un roi!

Une nouvelle oie à gaver pour ma famille: feu Adrien. On le dégustera à la fin de la semaine quand il sera à point comme nous


Il a l'air si heureux!

Une fois l'enfant bien nourri, lavé et bordé, nous allons nous coucher, tout heureux avec Marin...

Mardi 24 janvier. Jour 82:

Réveil en trompettes ce matin pour Adrien: on l'avait prévenu! Les hauts-parleurs retentissent à 5h00 et quand il ouvre les yeux, les deux femmes de la maison sont déjà en train de s'affairer autour de lui. Quand on se lève avec Marin, elles sont toutes les deux autour de lui, brûlant d'impatience de lui donner son petit déjeuner acheté au marché. Avec Marin nous sommes plus rodés: nous préservons toujours nos estomacs en sautant le petit-déjeuner car on sait très bien que le premier repas de la journée arrive toujours trop vite! 

Marin mort de rire: ce n'est pas qu'à nous que ça arrive. Elles sont aux petits soins avec lui


Babou va même jusqu'à lui mettre sa sauce au petit!

En parlant de ça aujourd'hui nous faisons des rouleaux frais. Nous passerons une bonne partie de la matinée à préparer le repas dans une bonne ambiance!
Ti s'occupe de son ami le canard! Nous on n'est pas très doués en matière de dépeçage 

Je m'occupe du gingembre, Marin de son café!

Et voilà le résultat!
Après manger Adrien sort des cadeaux histoire de nous rappeler nos origines: du fromage! On ne pensait pas en avoir besoin mais à la première bouchée, on se dit que ça nous manquait. On est bien français, et le petit vin rouge avec nous amène au 7ème ciel!


Après ce bon repas, nous avons besoin de digérer et partons nous balader au hasard dans les environs. Adrien découvre les paysages du delta du Mékong, avec ses arbres fruitiers et palmiers à perte de vue. Il découvre surtout la gentillesse de ses habitants et en est tout ému: on ne peut pas faire 5 mètres sans être salués, recevoir des immenses sourires et des tonnes de questions. On ne vous en avait pas trop parlé c'est vrai, mais c'est ici dans cette région du Vietnam que l'on a ressenti le plus de gentillesse depuis le début de notre voyage. L'endroit où ma famille habite est complètement préservée du tourisme et c'est un bonheur de marcher tout simplement dans la rue, ça vous remplit de joie! Nous nous perdons dans les petits chemins et on nous proposera plusieurs fois à boire et à manger sur le chemin, sans compter le nombre de fois où on nous dira bonjour!


Deux hommes rien que pour moi




Le charme des cours d'eau... Il y en a partout!




Après avoir bravé pas mal de chiens, avoir distribué une centaine de "hello" et vu toutes sortes de bestioles, nous rentrons! Le décalage horaire se fait encore ressentir pour Adrien et vu l'heure à laquelle nous nous sommes levés, nous ne faisons pas long feu après manger.


Une belle équipe enfin réunie! Fou rire en trouvant trois chapeaux chez ma tante... Il en faut peu pour être heureux!

Mercredi 25 janvier. Jour 83:

Ce matin on se réveille aux aurores (pour changer). Aujourd'hui, on honore l'autel des ancêtres qui se trouve chez ma tante Ba muoi puisque c'est elle qui en a la charge. La tradition veut que l’aîné de la famille s'en occupe mais comme ma grand mère habite en France, c'est elle, la 10ème enfant de la famille et aussi la plus pieuse qui s'en occupe! On honore également l'autel du génie protecteur du foyer, ce gardien tutélaire qui monte au ciel quelques jours avant le nouvel an lunaire pour faire son rapport sur chaque famille à l'empereur de Jade. Pour cela, on lui prépare des offrandes, beaucoup trop, afin que l'année à venir soit placée sous le signe de la profusion et que son rapport ait de bonnes répercussions sur la famille. 



Ba muoi, levée depuis 3 heures du matin! Adrien s'en souviendra, il dort dans le salon à côté de la cuisine...


La cuisine se fait beaucoup au sol ici et ce n'est pas désagréable!


On prépare de jolis bouquets de fleurs pour les autels





Tout est en place dans la pièce réservée au culte des ancêtres


 Après tous ces préparatifs, on dispose avec soin les différents plats de fête sur la table






On allume de l'encens et brûle des faux billets de banque

Bon rassurez-vous, tous ces bons plats, nous les mangerons! A 9h30 (oui oui souvenez-vous la journée a démarré bien tôt) toute une partie de la famille débarque pour partager ce bon repas. Nous sommes à la table des VIP car au Vietnam, les femmes ne mangent pas à la table des hommes pour les grandes occasions et seuls les hommes et les aînés ont ce privilège. On se sent un peu tristes face à l'immense travail qu'elles ont accompli mais on se plie aux traditions. A toutes les traditions d'ailleurs: nous voilà forcés d'enchaîner les culs secs de scotch à 10 heures du matin pour faire plaisir à tout le monde! Aouch'! Mes oncles sont tellement heureux que l'on soit là, qu'on ne peut pas dire non et ça fait chaud au cœur (et à la gorge)! On passera un moment inoubliable et comme dit Adrien "si on m'avait dit que je ferais ça un jour au Vietnam avec vous,  je n'y aurais pas cru". 


J'adore le regard méfiant de Marin...


...la confiance d'Adrien


...le rire de mon grand oncle


et la chute de l'histoire!


Aller hop tout le monde y passe! Un vrai meneur ce ong sau


Le bonheur


Marin a un grand fan au sein de la famille: ong chin !




Après toutes ces émotions et une fois que tout le monde est parti, nous prenons notre courage à deux mains et faisons toute la vaisselle! Nous faisons également une bonne sieste car ce soir nous allons nous balader en ville à Ben Tre avec ma cousine Choe. 



Adrien découvre, ébahi, la façon de conduire des chauffeurs de bus et le trafic absolument fou sur les routes. Nous nous baladons dans le marché au fleurs, très apprécié des vietnamiens pendant les périodes de fêtes, puis allons manger tous les 4 au restaurant!










L'arbre par excellence du têt!


On a croisé Ti qui allait voir ses amis en ville


Le marché aux pastèques. On n'en avait jamais vu autant de notre vie!


Sculptées pour la nouvelle année !




Le marché aux fruits: le paradis


On est impressionnées par les étales de fruits au Vietnam, les plus belles que l'on a jamais vues!


Le début d'une romance à Ben Tre...


Ma cousine Choe, trop mignonne


Jeudi 26 janvier. Jour 83:

Ce matin nous faisons un grand tour en vélo avant d'aller passer la journée puis la nuit chez ma tante di ai avec Ti, notre super guide! Elle veut nous avoir aussi chez elle et rencontrer Adrien qu'elle n'a pas encore vu! Nous passons d'abord dire bonjour à un de mes oncles, ong bai, qui offre à Adrien sa première noix de coco cueillie sous nos yeux. On aura même le privilège de la couper nous-mêmes à la machette mais on voit bien qu'il nous manque un peu d'expérience...



La fine équipe en route pour l'île aux cocotiers


 Au milieu d'on ne sait où...






Sur l'île aux cocos, la propriété familiale


Un Adrien sauvage

Une fois notre balade terminée, nous allons chez Di hai  on est comme d'habitude accueillis comme des rois. Adrien est tout de suite adopté et à son tour, il devient le centre de l'attention (ça nous permet de nous reposer un peu ahah)! Les hommes une fois de plus n'arrêtent pas de nous faire trinquer mais cette fois-ci à la bière, c'est plus doux que la veille... 













Après ce délicieux repas, on laisse les hommes décuver tranquillement parce que ce n'est pas une légende: les vietnamiens ne tiennent pas très bien l'alcool! Nous les laissons donc faire la sieste et partons à nouveau à vélo avec Hi, la petite fille de Di hai, trop fière de nous accompagner. 









Bon, on se perdra pas mal de fois dans les petits chemins mais on rigolera bien! Sur notre route, nous passons dans deux temples pour que je prie pour la famille. Malheureusement, on fait les frais de leur gentillesse et deux fois de suite les nonnes nous font asseoir et nous donnent à manger et à boire.... Encore! On n'en peut plus, au secours! A notre retour on esquive le goûter et on fait un karaoké!




On déterre des racines pour le repas du soir


Oui les motos on les rentre dans les maisons au Vietnam! Du coup on la sort avant le Karaoké! 


 Super moment tous ensemble! On vous avait prévenu que c'était le sport national


Ça s'active en cuisine comme toujours... l'autre sport national


Adrien, l'ami des bêtes. Ils ont l'air perplexe tout autour...


Gros fous rires le soir: on fait des jeux de société et on ne comprend pas grand chose à celui-là. Pendant plusieurs parties on jour au hasard et ça nous fait bien marrer...

Vendredi 27 janvier. Jour 84:

Grasse matinée: on nous laisse dormir jusqu'à 8 heures ce matin! On va au marché pour acheter des langoustes, un vrai plat de fête, car ma tante veut marquer le coup. Adrien ne reverra pas Di hai car nous partons après-demain pour Saigon et elle est bien triste de devoir lui dire au revoir... Tout le monde lui dit qu'il peut revenir quand il veut, avec ou sans nous, et ce ne sont pas des paroles en l'air ici!



On est contents avec Marin de ne pas avoir à dire au revoir car nous savons que nous reviendrons d'ici deux semaines dans la famille. Adrien est tout triste et on le comprend: c'est émouvant de rencontrer des gens aussi gentils et aussi accueillants. On fait un grand tour de vélo en plein cagnard pour revenir jusqu'à chez Ba muoi, le coeur un peu lourd au début!







Ce soir, c'est le nouvel an! Barbecue avec les amis de Ti au programme qui fera tout le repas de A à Z, incroyable! Au moment de se mettre à table, Adrien sort de son sac une botte secrète: un cubis de vin rouge! On s'amuse beaucoup en observant les jeunes goûter au vin. La plupart le boivent cul sec en tirant une drôle de tête juste après, alors on leur explique que ça se déguste... Quand même! Au moment du dessert c'est bien drôle: on sort le fromage. A nouveau, les réactions sont intéressantes: ça grimace! On passe une super soirée et on rit énormément... Fou rire général quand on se rend compte qu'Adrien a confondu le poisson séché dont les vietnamiens raffolent avec la poubelle de table. "On a un sac nous" me dit-il quand je lui demande où il a mis ses déchets: oups. Il se décompose quand les amis de Ti lui en proposent, et comprend que depuis le début du repas, ils vident gentiment les os à chaque fois qu'il en remet... On rie tous aux éclats de sa bourde et on goûte à ce qu'il y a dans le fameux "sac". Aouch. 



 Hmm oui on ignore pourquoi on a du trinquer les verres vides...


La concentration est maximale


On ne comprend pas bien pourquoi mais un peu avant minuit, tout le monde s'en va. Ti nous explique que ses amis veulent être avec leur parents lors du passage à la nouvelle année: étonnant. On descend donc la tonne de vaisselle puis on trinque tous les 4 à la nouvelle année qui commence, celle du coq de feu!


Chúc Mừng Năm Mới / B O N N E   A N N E E !



Samedi 28 janvier. Jour 85:

C'est le premier jour de l'année lunaire aujourd'hui! Une fois n'est pas coutume, on se lève à 5 heures pour préparer à manger! Aujourd'hui nous allons en famille au temple familiale pour prier pour l'année qui commence, je porte donc la tenue traditionnelle vietnamienne: un ao dai! On sent que c'est un jour pas comme les autres: la musique est à fond dans les rues et tout le monde fait la fête.

Les fameux dragons: on loue les services pour qu'ils viennent danser dans les maisons. Au final on sera plus observés qu'eux...


Les jeunes danseurs et musiciens


De magnifiques petites filles, bien surprises de nous voir là


Moi qui tente de passer incognito au temple: ça ne prendra pas


Mes petits cousins sur leur 31 également


Prêts pour le temple!




Au retour, Ti remet vite sa tenue de ville! 


Une partie de la grande famille!


On est repartis!


Dans la joie et la bonne humeur!

On se met tous à table et on regarde avec amusement les hommes boire le vin rouge du précieux cubis avec des glaçons. On passe une magnifique journée et une fois de plus, et on est très gênés face à tant de gentillesse lorsque tout le monde nous distribue des étrennes. C'est une tradition ici, les aînés donnent de l'argent dans une enveloppe rouge aux plus jeunes en début d'année. Nous n'y couperont pas même si on aimerait refuser leur argent... Une fois que tout le monde est parti, on finit la vaisselle (décidément on aime bien la faire) puis on se rend chez Choe qui nous invite à faire un karaoké. On s’amuse comme des petits fous parce qu'on peut choisir les musiques que l'on veut, et on y passera tout de même 4 heures! 






Cadeau! Parce qu'on n'a pas peur du ridicule!


Dédicace à mon petit frère adoré. Ce tube tournait sur toutes les radios lorsque nous avons passé un été au Vietnam en 2005!

Malheureusement à 16h30, on est embarqués sur les motos des uns des autres car il est temps d'aller manger (encore) chez mon oncle ong bai! Le début du repas est très compliqué tellement nos estomacs sont pleins mais au fur et à mesure que la soirée avance, ils se détendent comme par magie! On ne coupe pas à nouveau aux traditionnels culs-secs et on finira la soirée en chanson. Cao, un de mes oncles lointains se met à chanter un chant traditionnel parce que je le lui demande. C'est magnifique. Du coup je prends mon courage à deux mains et lui réponds moi même par une chanson. Nous passerons le reste de la soirée à échanger une chanson vietnamienne contre une chanson française dans une ambiance exceptionnelle. On pense même que l'on va monter un groupe avec les garçons à notre retour. Ou pas! 



Les femmes après tout leur travail en cuisine qui restent papoter tranquillement entre elles


A ce moment on est très heureux: ma cousine vient de balancer des confettis au dessus de nos têtes et tout s'est répandu sur la table. Du coup on ne peut plus manger ce qu'il y a sur la table: youpiiiii!

Après cette soirée exceptionnelle, nous sommes ramenés en scooter par les personnes avec qui nous avons bu toute la soirée (oui oui très secure tout ça comme d'habitude). Les au revoir sont difficiles pour Adrien qui a un peu vécu son "rendez-vous en terre inconnu" dans ma famille. Tout le monde se souviendra de lui et le porte désormais dans son coeur. Nous dressons le bilan de cette semaine et demi passée dans le Delta et nous réalisons notre chance. Hormis une réelle souffrance digestive (on n'en peut plus de manger) tout a été parfait. J'ai pu présenter mon Marin et mon Adrien à ma famille, et ils ont été parfaitement parfaits avec eux. Malgré la barrière de la langue, ils ont su montrer à quel point ils étaient heureux de les rencontrer et les ont accueilli à bras ouverts. On ne s'est jamais senti de trop, bien au contraire. On a vécu un accueil comme on en vit pas souvent et on se souviendra de ces jours passés ensemble toute notre vie. Marin et moi sommes chanceux: nous partons demain pour Ho chi minh car Sophie nous y attend, mais nous savons que nous reviendrons dans deux semaines pour accueillir mes parents puis Emilie et Gaetan! La vie est belle au Vietnam!





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